Tribune municipale sur les Roms (novembre 2013)

Roms

Familles Roms expulsées entre Lille et La Madeleine (© Frédérique Hénaut)

« Dangereux délinquants – refusent l’intégration – facteur d’insécurité ». Ces phrases, affichées sur les murs de LMCU le 9 octobre par un artiste anonyme, accompagnaient des photographies d’enfants Roms, nous confrontant au regard porté par notre société sur cette jeunesse en souffrance.

Les Roms sont nomades par nécessité, pour s’adapter au rejet et persécutions. Ils seraient 3000 dans la région. Malgré la circulaire interministérielle d’août 2012 prévoyant la fin des expulsions sans solution, aucune stratégie nationale d’accompagnement et d’insertion des Roms n’a été mise en place, laissant les autorités locales prendre seules des initiatives.

Une réunion des élus LMCU s’est tenue, en septembre, pour réfléchir à des solutions durables et dignes au delà des frontières communales. Une motion et des propositions en sont sorties et 1500 Roms pourraient être accueillis sur notre territoire, entre villages d’insertion et logement diffus. Le maire et les élus communautaires de La Madeleine n’ont pas participé à cette réunion.

Les 4,5 milliards d’Euros de fonds européens alloués chaque année à la France pour l’accueil des Roms et des gens du voyage ne sont pas pleinement utilisés. En région, des communes assurent toutefois un accueil effectif et réussi des familles Roms qui relève de l’accès au droit commun et répond à quatre conditions : lieu de vie décent, scolarisation des enfants, accès aux soins et accès à l’emploi et formation pour les adultes. Action cohérente puisqu’au 1er janvier 2014, tout ressortissant roumain ou bulgare pourra travailler en France.

En dehors de ces exceptions, la majeure partie des Roms, généralement sédentaires dans leur pays d’origine, vivent dans le dénuement le plus extrême en très grande majorité dans des bidonvilles dans la métropole lilloise. Les conditions de vie dans ces campements spontanés sont intolérables et ne peuvent que créer des tensions avec les riverains. L’aide humanitaire s’appuie sur quelques collectivités engagées, des institutions, mais aussi sur des citoyens et des associations. Chacun sait que tout passera par l’éducation des enfants Roms, y compris la lutte contre la délinquance, fille de la misère. Les actions des éducateurs, enseignants et travailleurs sociaux ne peuvent donc pas porter leurs fruits si on déplace et éloigne les familles auprès desquelles ils travaillent.

Pour conclure, cette autre phrase inscrite sur les murs de LMCU : « On reconnaît le degré de civilisation d’une société à sa façon de traiter les populations les plus fragiles ».

EELV La Madeleine

 

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